Les vertus médicales et esthétiques du laser

Le LASER (Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation), initialement introduit par les dermatologues, entre de plus en plus dans les cabinets médicaux. Le spectre des indications est large : de l’épilation aux cicatrices… Ce dispositif médical de grande précision ne peut être confié qu’à des mains expertes sous peine de conséquences graves pour le patient. Malgré les progrès, le laser « universel » qui traiterait toutes les indications n’existe pas encore. Les praticiens doivent donc se former à l’utilisation de plusieurs longueurs d’ondes pour répondre aux indications les plus fréquentes. Ils doivent aussi apprendre à intégrer ce nouveau pôle de soins et de coûts dans leur pratique quotidienne.
Dr Marc PATARIN – Dermatologue – Expert et formateur en techniques laser - Challans (Nantes) - Nice - France

INVIVOX : Quels sont les risques liés à une mauvaise utilisation du laser ?

Dr Marc PATARIN : Le risque que nous redoutons tous mais qui heureusement est rare, d’autant plus si l’on est bien formé, est la brûlure qui peut être superficielle ou profonde et qu’il faut savoir prendre en charge. Il peut y avoir des effets indésirables comme des dépigmentations, des hyperpigmentations (surtout sur les peaux foncées) ou encore une absence de résultat (10 à 15 % d’échecs). L’acte n’est pas totalement indolore mais très tolérable, d’autant plus que selon les zones à traiter, nous pouvons recourir à des crèmes anesthésiantes. En principe, la pulvérisation d’air froid et les pièces à main auto-réfrigérées rendent l’acte médical supportable pour le patient.

INVIVOX : Quelles machines utilisez-vous lors de vos formations ? Quelles indications pour quelle machine ?

Dr M. P. : J’utilise des machines polyvalentes qui ont fait leurs preuves et sont devenues des standards. La relation avec les fabricants est importante. Le laser Elite +, avec sa double longueur d’onde Alexandrite et Nd Yag long pulse, permet d’épiler tous les phototypes et va traiter de nombreuses pathologies vasculaires dont les varicosités des membres inférieurs. C’est le laser de référence de tous les cabinets de dermato-esthétique.

La plateforme Icon Max G 1540 nm va permettre de traiter avec la lumière pulsée les héliodermies et les couperoses ; les cicatrices et le vieillissement cutané  seront traités avec la pièce à main 1540 nm (laser fractionné non ablatif).

Salle de cabinet équipée d'un laser

INVIVOX : Vous arrive-t-il d’utiliser plusieurs lasers dans une même procédure  ?

Dr M. P. : Oui c’est très fréquent car un seul laser peut être insuffisant dans certaines pathologies. Les cicatrices, par exemple, pourront bénéficier d’un traitement par IPL pour améliorer la rougeur ou la pigmentation suivi immédiatement d’un traitement par laser fractionné non ablatif (1540 nm) pour corriger la texture.

INVIVOX : Apprenez-vous aux participants à bien poser les indications ? Si oui, comment ?

Dr M. P. : Dans la pratique du laser, comme dans la médecine en général, le plus important est de faire un bon recrutement du patient. La sélection de bonnes indications est primordiale pour obtenir de bons résultats. L’essentiel de mes formations se concentre sur les modalités de choix des techniques lasers les plus adaptées en fonction de chaque cas clinique.  L’utilisation de nombreux cas cliniques aidera les participants à faire une bonne sélection de patients. Nous sommes des médecins et il faut savoir ne pas traiter certains cas si le résultat n’est pas assuré. Le choix des paramètres intervient dans un deuxième temps et n’est pas le plus compliqué de la procédure. 

INVIVOX : Est-ce difficile de se lancer dans les techniques de laser ? 

Dr M. P. : Il faut faire un apprentissage « pas à pas » en commençant par les indications les plus simples. Il ne faut pas hésiter à répéter les mêmes formations pour comprendre et retenir les grands principes du laser.

"Le démarrage de son activité laser est souvent assez anxiogène car les techniques lasers sont très peu enseignées lors des études médicales."

INVIVOX : Quel équipement de base recommandez-vous à un débutant ? 

Dr M. P. : La plateforme double longueur d’onde Alexandrite et Nd Yag LP est incontournable pour démarrer son activité laser. En effet, la plus importante demande laser concerne l’épilation durable. Je conseille également l’acquisition d’une lumière intense pulsée performante car cette technologie n’est pas très onéreuse en investissement et en entretien, tout en permettant de couvrir de nombreuses indications comme l’héliodermie et les érythro-couperoses.

INVIVOX : Que conseilleriez-vous à un débutant qui veut se lancer dans le laser ?

Dr M. P. : Il ne faut pas hésiter à multiplier les formations pour prendre confiance.

INVIVOX : Vous avez fatalement vos trucs et astuces, pouvez-vous nous donner un exemple concret que vous allez partager avec les participants ?

Dr M. P. : Ne jamais oublier de vérifier l’absence de maquillage sur la zone à traiter par laser ! J’essaye également de les conseiller dans leurs positions de travail afin d’éviter au maximum les troubles musculo-squeletiques.

INVIVOX : Quels sont les bénéfices que vont tirer les participants de vos formations ?

Dr M. P. : Les débutants, s’ils suivent les 3 modules de formation, pourront se lancer dès l’acquisition de la machine s’ils ne l’ont pas déjà acquise. Souvent les fabricants m’adressent d’ailleurs des médecins pour que je les forme. Je leur permets d’accélérer leur courbe d’apprentissage, d’avoir confiance plus vite, ce qui facilitera le recrutement de leurs futurs patients. Les initiés pourront se perfectionner, découvrir de nouvelles techniques et aller plus loin dans l’utilisation de leur laser.

INVIVOX : En quoi Invivox vous aide ?

Dr M. P. : Invivox me permet de professionnaliser mes formations. Je maitrise le contenu mais je n’ai pas compétence particulière dans l’organisation pratique. Invivox va promouvoir les formations, gérer tout le côté administratif et pratique. Le médecin formateur sera soulagé de toutes ces tâches et pourra vraiment se concentrer sur le contenu.

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